On est y est ! Je me livre, comme jamais je ne l’ai fait ici, sur mon parcours d’homme homosexuel : mes premières expériences gays. Oui, il n’y en a pas qu’une dans une vie, mais plusieurs qui jalonnent la découverte de soi-même. De mes rêves d’enfance à mon premier emménagement en couple, chaque étape a compté dans la construction de mon identité.
Pourquoi te partager tout ça aujourd’hui ? J’aime tellement lire des témoignages LGBTQ+ que j’ai eu envie d’en écrire un, moi aussi. Ils donnent de la force, de l’espoir, et parfois des réponses à appliquer à notre propre vie. Voilà pour toi une partie de mon histoire dans mon blog, avec mes doutes, mes découvertes, mes joies, mes erreurs… Tout simplement ce qui a fait qui je suis.
Mes premiers rêves HOMO’ : quand l’esprit parle avant le corps
Comment ai-je su que j’étais gay ? Très tôt ! J’avais 7/8 ans lorsque j’ai rêvé tenir la main d’un garçon pour la première fois. Pour moi, c’était comme ça. Je n’étais pas en alerte au réveil. Mes camarades parlaient de leur amoureuse… Et moi, je ne leur parlais de rien, sans forcément avoir peur de mon homosexualité. Ah bon ? Oui, je ne savais pas ce que c’était ! Les filles n’étaient simplement pas un sujet.
Ces rêves ont continué. C’était les scènes de cour de recréation entre filles et garçons… Mais avec mes potes de foot ! Disons-le, une fois c’est de la curiosité, plus de cinq fois, c’est confirmé : j’aime, et j’aimerai les hommes.
Ma première rencontre GAY : juste un baiser… Pas plus !
J’ai rencontré Théodore sur un site de rencontre gay à 16 ans, lui en avait 25. J’étais déjà attiré par les hommes plus âgés que moi : ses mains, sa barbe, ses yeux, ses lèvres… Que dire de plus ? Cet homme était beau !
Nous avons parlé plusieurs semaines en ligne avant de se rencontrer, chez lui. On a parlé une heure sur son canapé, de tout et de rien, avant de terminer dans sa chambre. Nous avons commencé par nous enlacer, puis nos bouches se sont rapprochées. Je lui ai dit que c’était la première fois que j’embrassais un mec. Il a été doux… Jusqu’à ce qu’il me demande de poursuivre avec son sexe.
Là, ça casse tout ! J’ai dit “NON”. Il a tenté de me convaincre par la parole, mais j’ai appuyé mon “NON”. J’étais jeune, et majeur sexuellement, mais je n’avais pas conscience du danger des rencontres internet. Tout peut partir en couille d’une minute à l’autre. C’est le cas de le dire ! Je ne l’ai plus jamais revu.
Le premier amour impossible : l’hétéro du collège et lycée
Je suis tombé amoureux d’un hétéro pendant toute la période de mon secondaire. C’était intense, douloureux, propre à l’adolescence. J’espèrais qu’il soit gay. J’interprétais chaque parole, chaque mot comme des signes. “Il ne s’assume pas” me disais-je. J’ai commencé à écrire et composer des chansons pour lutter, et apprivoiser mes sentiments. Un mal pour un bien ?
J’en oubliais toutes les insultes homophobes de mes “camarades”. “Sale pédé!“, “Tapette!“, “Tu veux me sucer?“… Et j’en passe. Il n’y avait que lui. Il n’y avait que l’Amour.
Le réveil
Je ne compte plus les fois où je me suis projeté mentalement dans ses bras, plein de tendresse. Mais STOP ! Cette relation n’existait que dans ma tête. Évidemment, rien ne s’est passé ainsi. Il est sorti avec une nana, et il est resté mon fantasme.
Cette première expérience de l’amour gay m’a fait telleeeement mal… Et paradoxalement, m’a aussi donné beaucoup de force et de courage. Je ne m’accrocherai plus à l’impossible. N’étais-je pas passé à côté d’un véritable amour de lycée pendant ces 8 années ? Qui sait !
Le premier ami gay : entre admiration et jalousie ?
J’ai rencontré Robin au lycée. Le mec s’assumait déjà en tant qu’homo, dingue ! Il ne le criait pas sur tous les toits mais n’avait aucune difficulté à l’exprimer si quelqu’un lui posait la question. Voir ça était nouveau, pour moi encore accroché à mon cintre dans le placard…
Robin a essuyé des insultes homophobes mais pas tant que ça. Une est déjà de trop, c’est clair ! J’ai simplement remarqué que lorsque l’on s’affirme de façon net et ferme, les autres ne sont plus aussi amusés de te harceler. Que font-ils alors ? Ils ciblent “une autre proie”.
Notre amitié
Nous sommes devenus amis, nous avons passés des après-midi et des soirées ensemble. Robin me parlait souvent de ses premières expériences gays avec des hommes rencontrés sur Grindr : chez ses parents, dans une voiture, etc. Moi ? J’étais encore puceau. J’enviais ces expériences, non pas pour le sexe (je ne savais pas encore ce que c’était que de le vivre), mais plus pour la rupture qu’elles offraient avec le quotidien.
Un jour, Robin m’a annoncé sortir avec son premier petit copain. J’étais très heureux pour lui. Tout était beau : un groupe d’amis, un amoureux… Hmm, l’ombre au tableau ? Ses parents. Ils n’ont pas été faciles suite à la révélation de son homosexualité. Heureusement, ils ne l’ont pas mis à la porte, mais ça a été compliqué.
Robin m’a laissé de beaux souvenirs malgré quelques frictions, communes dans des relations amicales comme amoureuses. La distance et le temps ont eu raison de nous. Il a changé plusieurs fois d’établissement à cause de mauvais résultats scolaires.
Je l’ai revu 5 ans plus tard, assuré le service d’un bar où j’étais assis en terrasse avec une amie. Nous avons échangé un sourire, et pris des nouvelles l’un de l’autre. Nous ne nous sommes pas revus plus que ça, car la vie nous a changé ; nous n’étions plus les mêmes qu’hier. Je garde en mémoire les belles pages de ma première histoire d’amitié homo, et qui sait ce que la vie nous réserve ? Peut-être n’y a-t-il qu’un marque page ?
La première fois gay : alcool, shit et sexe
J’y arrive, je sais que tu l’attendais ! Ma première expérience gay sexuelle est arrivée après une séance photo. Je n’étais pas le modèle. J’avais 19 ans, et j’assistais Philippe, un photographe spécialisé en portrait masculin.
Âgé de 31 ans, il m’attirait, je le reconnais. Philippe avait prévu un apéro dînatoire le soir-même avec l’équipe et d’autres invités. Nous étions 7 mecs. Je n’avais pas imaginé ma première fois comme ça, mais écoute, n’est-ce pas toujours ainsi que ça arrive ? L’imprévu ?
Nous avons tous bu, ri, fumé. Philippe et moi nous sommes rapprochés, en dansant, puis nous embrassant… J’ai terminé dans son lit, et ai adoré sentir ses mains saisir mon corps. Je l’ai sucé, il m’a pris. C’était dingue ! Nous l’avons fait 3 fois dans la même soirée. Il est devenu mon premier plan cul régulier.
Le premier mec : pas fait pour durer mais…
À 20 ans, j’ai rencontré Antoine. Il était comédien et à la recherche d’un assistant photographe pour la création de son book. Je l’ai rencontré via un ami commun qui avait connaissance de ma pratique. Pendant la séance, nos regards se croisaient fréquemment, l’amenant à taper son meilleur sourire. Les photos étaient belles, il était beau.
Nous avons fini par nous voir seul autour d’un verre, puis chez lui. Je le rejoignais souvent le samedi après-midi dans son appart’ cocooning. Nous nous sommes officiellement engagés sans jamais nous afficher au grand jour par peur de représailles homophobes.
Antoine et moi sommes restés ensemble 5 mois environ. Ce n’était pas le grand amour mais il m’a permis d’expérimenter un “amour gay de jeunesse“, ce que je n’avais pas pu vivre adolescent. Sur le plan de l’intimité, j’ai aussi appris à gérer un TTBM. Cette relation était formatrice en tout point ! 😁
La première boîte gay : je suis moi
J’ai dansé dans ma première boîte gay à Lyon, l’UC (United Café), la plus populaire de la presqu’île. J’y suis allé avec Robin et deux autres amis. Nous avons participé au karaoké avec des voix déraillées, puis nous nous sommes défoulés sur la piste.
Pas de jugement, de la drague entre mecs, c’était une belle soirée, c’était la liberté. Qu’y a-t-il de mieux que de pouvoir embrasser quelqu’un sans se cacher ou regarder autour de soi, méfiant ? De sortie en sortie, j’ai gagné confiance en moi.
Le premier sauna gay : rien ne m’arrête
J’ai entendu parler du sauna gay par bouche à oreille, puis sur les réseaux. Ça a naturellement attisé ma curiosité. Je me suis rendu au Double Side, sans savoir vraiment à quoi m’attendre :
- espace détente
- boîte à culs
D’accord, mais à quel niveau ? Je n’ai pas été déçu du voyage !
Ma serviette enroulée autour de la taille, je me suis aventuré dans des couloirs bleus tamisés menant au hammam, jacuzzi et sauna. Sont venus les premiers regards, les premières invitations à entrer dans une cabine avec un partenaire. Cette liberté sexuelle dans un lieu public… C’était à la fois déroutant et fascinant.
Le sauna gay m’a permis d’approfondir ma sexualité de façon décomplexée. Pas de mensonges, pas de faux-semblants, juste des rencontres gays éphémères avec des mecs qui cherchaient la même chose. J’ai parfois plus discuté que baisé, et découvert des personnages aux histoires touchantes. Je préfère a aux applications de rencontre, mais 21 euros l’entrée… Ça pique ! Heureusement, je bénéficie toujours de tarifs préférentiels dû à mon jeune âge.
Je ne suis pas accro au sauna gay, mais je reconnais être aujourd’hui plus à l’aise avec mon corps et mes désirs, sans culpabilité, grâce à mes petites visites… 😉
Le premier amour gay : l’homme de ma vie ? Je le veux !
Il y a un an, je suis tombé amoureux d’un homme pour la première fois de ma vie. Et il m’aimait en retour. Nous sommes encore ensemble. Ce n’est rien de semblable par rapport à mes relations précédentes, lui, c’est le véritable amour. C’est la première fois que j’ai envie d’avancer dans mes projets professionnelles et personnelles, non pas juste pour moi, mais pour nous.
On se comprend parfois sans se parler, on souhaite les mêmes choses, on trouve parfois des compromis, on communique, on se projette. C’est fluide ! J’apprends à le connaître un peu plus chaque jour, à me construire à ses côtés, et à le soutenir. Bien sûr, c’est réciproque. Notre amour m’a transformé, et j’ai la sensation de devenir un meilleur homme grâce à lui.
Le premier emménagement : nous voilà dans notre nid !
Après 7 mois, nous avons décidé d’emménager ensemble, dans son appartement. Quelle étape ! Me serai-je imaginé vivre en couple, un an avant ? Jamais, persuadé de finir célibataire, et qu’aucun homme ne me supporterait 😂 Il est là !
Heureusement, je n’avais pas beaucoup d’affaires dans mon ancienne collocation : des vêtements, ma playstation et deux, trois bricoles. Mon homme a tout fait pour que je me sente chez moi, comme commander un nouveau kit dressing, mon propre espace rangement.
La vie commune
J’ai enfin découvert ce qu’est de partager un quotidien en amoureux :
- les rituels câlin du matin
- les moments de rangement… ou non 😃
- les repas préparés avec amour
- les accrochages et les réconciliations sous la couette
Le premier PACS : s’engager encore plus loin, encore plus fort
Un an après notre rencontre, nous avons décidé de nous pacser. Pourquoi ne pas attendre un beau mariage gay ? Le PACS est une première étape ! Je ne vais pas te mentir, nous y réfléchissons fortement dans les 2 ans à venir.
Nous n’avons pas programmé de cérémonie à la mairie, tout a été administratif : un RDV à la mairie, deux signatures. Nous avons fait deux restaurants ensemble dans la même journée, un le midi, un le soir.
Qu’est-ce que cela me fait d’être pacsé ? C’est la preuve que je construis quelque chose de beau, de solide, et que je me projette sur le long terme avec mon mec.
Ce que toutes mes expériences gays m’ont appris
Je ne te le cache pas, j’ai parfois regardé en arrière avec émotion. Chaque première expérience gay m’a construit. Non, mais quel chemin !
Retiens qu’il n’y a pas de parcours type
Ton histoire d’homme homo sera différente de la mienne, et c’est parfait comme ça. Des mecs assument plus tôt leur orientation (Robin), d’autres plus tard (moi 👋). Certains ont leur première expérience amoureuse à 16 ans, d’autres à 30. Il n’y a pas de “bonne” façon de vivre ses premières expériences gays.
Chaque étape a son importance
Même les mauvaises passes m’ont appris quelque chose :
- cet amour non partagé à mon adolescence
- ma première fois alcoolisé
Elles m’ont appris à lâcher prise, et à comprendre que ce n’est pas grave si tout n’est pas parfait. La vie n’est pas linéaire, même si parfois ça fait chier. Il faut l’accepter.
La progression est normale
Tu ne deviens pas fier de toi, et assumé, du jour au lendemain. C’est un processus. Il y a des hauts, des bas, des avancées, des reculs. C’est normal. Mais n’oublie pas, chaque première expérience gay est une marche vers l’acceptation de soi.
Mon message pour toi
Tu vis tes premières expériences homo ? Quelle que soit l’étape où tu en es, c’est normal de tâtonner, d’avoir peur, d’être timide, et de faire des erreurs. Qui n’est pas passé par là ?
N’ai pas honte de tes découvertes, tes explorations, et de tes envies. Tu as le droit de vivre ta sexualité et tes sentiments entièrement, à ton rythme.
TA FAQ
À quel âge la plupart des gays vivement leur première expérience sexuelle ?
Ça varie ! Aujourd’hui, les adolescents s’assument bien plus tôt que leurs aînés à leur âge. D’autres se découvrent encore passé la quarantaine. Il n’y a pas d’âge “normal”.
Est-ce obligatoire d’aller au sauna gay ?
Non, pas du tout. Dans mon cas, je suis de nature curieuse, et j’ai assumé mon envie d’explorer.
Est-ce grave de regretter ses premières expériences gays ?
Non, ce qui est grave est de rester dans l’immobilisme, et d’éprouver des remords. Les fois suivantes seront meilleurs.
Où puis-je rencontrer une meilleur ami gay ?
Au lycée, sur les applications de rencontre gay, dans des associations LGBTQ+… Privilégie les endroits où tu peux discuter avant et créer un minimum de confiance.



